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Adieu « Parapluie sur Roues » : La Citroën 2 Schtroumpf Transforme la Deuche en Bête de Course

De l’utilitaire « Parapluie sur Roues » à la barchetta de 350ch à moteur central

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« Quatre roues sous un parapluie ». C’est par cette directive simple, presque poétique, que Pierre-Jules Boulanger, le patron de Citroën d’avant-guerre, a défini le cahier des charges de la future 2CV. L’objectif ? Une « Très Petite Voiture » (TPV) capable de transporter quatre personnes et 50 kg de pommes de terre à 60 km/h, le tout dans un confort suffisant pour traverser un champ labouré sans casser un seul œuf dans le panier posé sur le siège.

Le résultat, présenté au Salon de Paris 1948, fut un choc. Dénudée, étrange, mais géniale, la 2CV était l’antithèse de l’automobile traditionnelle. Avec son moteur bicylindre à plat refroidi par air, sa suspension à batteurs révolutionnaire et sa carrosserie d’une simplicité désarmante, elle n’était pas conçue pour plaire, mais pour servir. Elle a motorisé la France rurale, est devenue l’icône d’une jeunesse éprise de liberté et a prouvé que le minimalisme pouvait être une forme d’intelligence supérieure.

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Pendant des décennies, la « Deuche » a incarné la simplicité fonctionnelle. Mais que se passe-t-il lorsque cet ADN de minimalisme rencontre l’agressivité du 21e siècle ? Que se passe-t-il si l’on garde l’esprit (l’air, la liberté, la simplicité) mais qu’on inverse la mission ?

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C’est la question qu’ Eduardo Benz Design, a décidé d’explorer. Nous avons pris l’icône la plus utilitaire de France et l’avons passée au prisme de la performance pure. Le résultat est cette étude de style numérique radicale : la « Citroën 2 Schtroumpf ». Un nom provocateur pour un concept qui l’est tout autant, transformant le « parapluie » en une barchetta de sport sans compromis.

Le Design Extérieur

L’héritage est là, mais il faut plisser les yeux pour le voir. La 2CV originelle était haute, étroite et verticale. La « 2 Schtroumpf » est tout son contraire : basse, large et agressivement horizontale.

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La face avant de la "2 Schtroumpf" réinterprète les chevrons dans une calandre béante, tandis que les feux horizontaux remplacent les phares ronds iconiques.
La face avant de la « 2 Schtroumpf » réinterprète les chevrons dans une calandre béante, tandis que les feux horizontaux remplacent les phares ronds iconiques.

La face avant abandonne la bonhomie des phares ronds pour un regard acéré. Deux lignes de LED ultra-fines soulignent une calandre noire texturée où les chevrons, bien présents, s’intègrent dans un style rappelant les dernières productions de la marque, mais avec une touche de supercar. Le capot, autrefois court et bombé pour abriter le petit flat-twin, est ici long, plongeant et sculpté, suggérant une mécanique bien plus noble.

De profil, la "2 Schtroumpf" est une pure barchetta. Les prises d'air massives suggèrent une architecture à moteur central, un sacrilège pour une 2CV.
De profil, la « 2 Schtroumpf » est une pure barchetta. Les prises d’air massives suggèrent une architecture à moteur central, un sacrilège pour une 2CV.

Le profil est peut-être le plus choquant. Fini le toit enroulable et les portes « suicide ». Nous avons affaire à une pure barchetta, un roadster sans pare-brise (juste un saute-vent) et des sièges baquets exposés aux éléments. C’est un hommage à l’esprit « plein air » de la 2CV, poussé à son extrême sportif. Les flancs sont creusés par d’énormes prises d’air noires, qui ne sont pas là pour la décoration. Elles tranchent radicalement avec la 2CV originelle et sa petite écope sur le capot.

L’Intérieur

L’intérieur de la 2CV était un chef-d’œuvre de minimalisme économique : des hamacs en guise de sièges et un volant. Notre concept « 2 Schtroumpf » prône un minimalisme technologique.

Le minimalisme de la 2CV est réinventé : les hamacs laissent place à des baquets en carbone, et le compteur unique à un double écran digital.
Le minimalisme de la 2CV est réinventé : les hamacs laissent place à des baquets en carbone, et le compteur unique à un double écran digital.

Le poste de pilotage est une fusion de fonction et de forme. Le volant à méplat intègre les chevrons et fait face à un combiné d’instruments entièrement numérique. Un second écran central, orienté vers le conducteur, gère l’infodivertissement. Les sièges baquets, avec un motif hexagonal bleu rappelant la carrosserie, offrent un maintien que les hamacs de la « Deuche » ne pouvaient qu’imaginer. C’est l’esprit 2CV (garder l’essentiel) appliqué à 2025 (l’essentiel est désormais digital).

Une Arrière-Garde Musclée

L’arrière de la 2CV était une simple courbe fonctionnelle. Celui de la « 2 Schtroumpf » est une déclaration de performance.

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La poupe, large et basse, est stabilisée par des feux horizontaux faisant écho à l’avant et un échappement central affirmant son caractère sportif.

La poupe est large, assise sur des pneus massifs. Les feux reprennent le thème horizontal de l’avant, et un unique échappement central, flanqué d’un diffuseur discret, ne laisse aucun doute sur les intentions de la machine. On est à des années-lumière du fin tube d’échappement du bicylindre.

Motorisations Possibles

La 2CV était refroidie par air ; ce concept est refroidi par la passion. Oubliez le bicylindre de 9ch. Les prises d’air latérales béantes ne mentent pas : elles crient « moteur central arrière ».

Pour animer cette bête, nous n’imaginons pas une motorisation 100% électrique, trop silencieuse pour un tel hommage à la liberté. Nous voyons plutôt deux options :

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  1. L’Hybride Performant : Le 4 cylindres 1.6L PureTech, poussé et électrifié comme sur la 508 PSE. En position centrale, couplé à un moteur électrique sur l’essieu avant pour une transmission intégrale, le système pourrait développer entre 350 et 400 chevaux. De quoi catapulter les 900 kg estimés de la barchetta.
  2. L’Option Puriste (et rivale de l’Alpine) : Le même 4 cylindres 1.8L turbo de l’Alpine A110, ou un bloc similaire. Une architecture de propulsion pure, légère, avec une boîte manuelle. Une machine à sensations.

Positionnement et Marché

Cette « 2 Schtroumpf » n’est pas une voiture de masse. C’est une déclaration, un « halo car ». Si elle devait exister, elle se positionnerait comme une concurrente directe de l’Alpine A110, d’une Porsche 718 Boxster T ou d’une Lotus Elise.

Visant les puristes du « light is right », elle serait affichée dans une fourchette de 70 000 € à 90 000 €. Son marché ? Les passionnés qui voient en Citroën non pas seulement le confort, mais aussi l’audace technique et le design avant-gardiste qui ont défini la SM ou la DS.

La Deuche 2.0 : Rêve ou Révolution ?

Le concept « Citroën 2 Schtroumpf » d’Eduardo Benz Design est un exercice de style, un rêve de designer. Il prouve que l’ADN d’un mythe comme la 2CV ne réside pas seulement dans sa forme, mais dans sa philosophie. La 2CV originelle a démocratisé la mobilité. Ce concept, lui, démocratise le rêve d’une performance pure, libérée de toute contrainte, tout en gardant cet inimitable « esprit français » fait de légèreté et d’audace. Le parapluie s’est transformé en aile de chasse.

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