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6 innovations de la Porsche 928 qui ont changé l’industrie automobile

Bien que la 911 soit l’icône, la Porsche 928 a introduit des innovations majeures qui ont changé l’industrie

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C’est l’icône, la légende, la silhouette intouchable qui survit à tout. Mais pendant que la 911 passait des décennies à perfectionner son passé (avec brio, certes), une autre Porsche inventait l’avenir.

Cette voiture, c’était la 928.

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Lancée en 1977, elle était le sacrilège ultime : un V8. À l’avant. Refroidi par eau. Conçue par une équipe d’ingénieurs libérés de toute contrainte, elle devait remplacer la 911, jugée obsolète.

L’histoire a prouvé que les puristes ont gagné cette bataille. La 911 est restée. Mais la 928, bien qu’étant un « échec » commercial relatif, a remporté la guerre de l’influence. Son ADN technique n’a pas seulement changé Porsche ; il a changé l’ensemble de l’industrie automobile.

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Voici les 6 innovations de la Porsche 928 que vous retrouvez aujourd’hui dans presque toutes les voitures de sport modernes.

Plus qu’une GT, la 928 était un laboratoire roulant. Conçue pour remplacer la 911, elle a finalement défini le futur de l’automobile.

1. L’Essieu Weissach

C’est peut-être l’héritage le plus génial et le plus méconnu de la 928. À l’époque, les voitures puissantes à propulsion (comme la 911 Turbo) souffraient d’un défaut terrifiant : le « survirage au lever de pied ». En clair : vous accélérez fort en virage, vous avez peur, vous levez le pied de l’accélérateur, et la voiture part instantanément en tête-à-queue.

Porsche a résolu ce problème avec l’essieu « Weissach ». C’est, en substance, la toute première forme de direction passive des roues arrière.

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Comment ça marche ? En phase de freinage ou de décélération en courbe, le système provoquait un micro-pincement (convergence) de la roue arrière extérieure. Ce changement d’angle, quasi imperceptible, suffisait à stabiliser la voiture et à annuler le début de survirage. C’était une correction mécanique automatique, 20 ans avant que l’électronique (ESP) ne s’en mêle. Aujourd’hui, la quasi-totalité des châssis sportifs modernes utilisent une variation de ce principe.

2. Le « Leichtbau »

Un V8 à l’avant, une boîte de vitesses, un intérieur luxueux… la 928 avait tout pour être une enclume. Pour un constructeur obsédé par la légèreté, c’était un problème. La solution fut le Leichtbau (construction légère) radical.

La 928 fut l’une des toutes premières voitures de grande série à utiliser massivement l’aluminium pour des pièces de carrosserie.

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  • Le capot
  • Les ailes avant
  • Les portières

Tous ces éléments étaient en alliage d’aluminium pour sauver des kilos cruciaux sur le train avant. À une époque où l’acier dominait, c’était une complexité de production immense (l’aluminium ne se soude pas comme l’acier). Aujourd’hui, du Ford F-150 à la moindre berline allemande, l’utilisation de l’aluminium pour alléger la structure est devenue la norme absolue. La 928 était le cobaye.

Diagramme : Répartition des Matériaux (Estimation 928)

Acier (~60%)
Aluminium (~25%)
Autres (~15%)

L’utilisation de l’aluminium (orange) pour près d’un quart de la structure était révolutionnaire pour 1977.

3. L’architecture Transaxle : Le V8 au bon endroit

Mettre un V8 à l’avant était déjà un choc pour Porsche. Le faire sans détruire la répartition des masses (la clé de la tenue de route) était le vrai défi.

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La solution fut l’architecture Transaxle.

  • Le Moteur V8 : Placé longitudinalement à l’avant.
  • La Boîte de Vitesses : Placée… à l’arrière, fusionnée avec le différentiel.

Un long tube de transmission (le torque tube) reliait les deux, tournant à la vitesse du moteur. Le résultat ? Une répartition des masses quasi parfaite de 50/50. La 928, malgré son V8, avait l’équilibre d’une voiture de sport à moteur central. Cette architecture est devenue la référence absolue pour les GT à moteur avant, adoptée plus tard par des icônes comme l’Aston Martin DB9, la Ferrari 550 Maranello et la Corvette C5.

Schéma technique de l'architecture Transaxle de la Porsche 928, montrant le moteur avant et la boîte de vitesses arrière pour l'équilibre.
L’architecture Transaxle a donné à la 928 un équilibre de 50/50, un exploit d’ingénierie qui a défini la GT moderne.

4. Les pare-chocs intégrés

Ceci est peut-être l’innovation la plus visible. Au milieu des années 70, les États-Unis ont imposé de nouvelles normes de sécurité drastiques : les voitures devaient résister à un impact de 5 mph (8 km/h) sans dommage structurel.

Pour la plupart des constructeurs, la solution fut horrible. Ils ont boulonné d’immenses « bancs de parc » en caoutchouc sur leurs carrosseries (regardez une MG ou une Jaguar de cette époque). Le design était sacrifié.

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Porsche a refusé. L’équipe de design (dirigée par Anatole Lapine) a fait l’inverse : ils ont conçu la voiture autour de la contrainte. La 928 est la première voiture de série dont les pare-chocs en polyuréthane déformable sont totalement intégrés à la ligne de la carrosserie, peints dans la même couleur. Ils faisaient partie du design, pas un ajout.

Regardez n’importe quelle voiture aujourd’hui. Elles utilisent toutes ce principe.

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5. Le cockpit mobile

L’intérieur de la 928 ressemblait à un cockpit de vaisseau spatial. Mais l’innovation clé était d’une logique implacable. Sur la plupart des voitures, lorsque vous réglez la hauteur du volant, il vient masquer une partie des compteurs.

Pas dans la 928.

Porsche a conçu un « pod » : le bloc d’instruments (compteurs, témoins) et le volant ne formaient qu’un seul ensemble. Quand vous régliez la hauteur du volant, tout le bloc d’instruments bougeait avec lui. Résultat : une visibilité parfaite sur les compteurs, quelle que soit votre position de conduite. C’était de l’ergonomie pure, une obsession du détail que peu de constructeurs osaient à ce niveau.

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Vue du cockpit de la Porsche 928, montrant le bloc d'instruments unique qui s'ajuste en même temps que le volant.
Une ergonomie révolutionnaire : le bloc d’instruments s’incline avec le volant, garantissant une visibilité parfaite.

6. Le premier V8 Porsche

Pour les puristes de la 911, le V8 refroidi par eau était le péché originel. Mais ce moteur était un chef-d’œuvre : entièrement en aluminium, sophistiqué, fiable et puissant.

Ironiquement, ce moteur que les fans ont rejeté dans les années 80 est la raison pour laquelle Porsche existe aujourd’hui.

L’expérience et le savoir-faire accumulés sur le V8 de la 928 ont été le fondement direct des moteurs qui équiperont, 25 ans plus tard, le Cayenne et la Panamera. Ces deux modèles, détestés eux aussi par les puristes à leur lancement, ont généré des profits colossaux qui ont permis à Porsche de rester indépendant et de continuer à financer le développement de… la 911. Sans l’expérience du V8 de la 928, l’aventure des SUV et des berlines sportives aurait été infiniment plus compliquée.

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Montée en Puissance du V8 Porsche 928

240 ch
928 (1978)
300 ch
928 S (1980)
320 ch
928 S4 (1987)
350 ch
928 GTS (1992)

L’héritage d’un échec magnifique

La Porsche 928 n’a jamais remplacé la 911. Elle a échoué dans sa mission première, et les coûts de maintenance de son ingénierie complexe ont effrayé le marché de l’occasion pendant des années.

Mais sur le plan de l’influence, c’est une victoire totale.

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Son design a été élu « Voiture Européenne de l’Année » en 1978 (la seule voiture de sport à ce jour à avoir remporté ce titre), et son ingénierie a servi de feuille de route pour l’industrie. Chaque fois que vous montez dans une GT moderne à moteur avant, que vous appréciez son équilibre, que vous admirez ses pare-chocs intégrés ou que vous comptez sur son châssis pour vous sauver d’une erreur de pilotage, vous profitez de l’héritage de la 928.

La 911 a gagné le cœur des puristes, mais la 928 a construit le plan directeur de l’automobile moderne.

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